domingo, 23 de julio de 2023

6. 42. Du malheureux succez d' Anguerrand de Marigny, & de quelques autres exemples de mesme tragedie.

Du malheureux succez d' Anguerrand de Marigny, & de quelques autres exemples de mesme tragedie.

CHAPITRE XLII.

O singulier exemple de l' inconstance des choses humaines, & qui nous doit rendre certains que nostre grandeur n' est fondee que dessus l' arrest d' une boule! Cestuy qui fut en premier lieu Chevalier & Comte de Longueville, seul superintendant des Finances, seul entremetteur des grandes negociations du Royaume: Par la bouche duquel, & non d' autre, un Philippes le Bel respondoit à tous Ambassades, cestuy qui pendant sa faveur avoit pris la hardiesse d' accostoyer sa statuë de celle d' un Roy de France, au Palais Royal de Paris: Bref celuy qui avoit tenu la volonté de son Roy en sa main, comme la sienne propre, incontinent que son Maistre eut acquitté le commun tribut que nous tous devons à Nature, fut coffré en une prison, & depuis son procez fait & parfait, finalement pendu au gibet de Montfaucon qu' il avoit fait establir à neuf, quasi pour luy servir de tombeau, & sa statuë qu' il avoit apposee à costé du Roy, au portail des grands degrez du Palais de Paris, rompuë, brisee, & dejettee du haut en bas, ainsi comme l' on peut encores voir. Cest exemple m' en fait tomber une infinité d' autres en memoire. Que pleust à Dieu qu' ils fussent ainsi engravez aux cœurs de tous ceux qui approchent nos Roys, comme je me delibere les rediger en ce lieu par escrit. Peut-estre leur seroit-ce un tableau, par la representation duquel ils apprendroient de ne desborder quelques-fois leur authorité au desadvantage d' un peuple, lequel les voit ordinairement apres un temps calme & tranquille estre agitez d' infinis estourbillons & orages. Aussi à la verité repassant les Histoires anciennes, à peine que je trouve aucun grand Seigneur estre arrivé en extremité de credit envers son Prince, que sur la fin, Fortune remuant sa roüe, ne luy ait donné quelque soubre-saut. Et pense que l' occasion en vienne, pour autant que nous voyans favorisez sur tous autres, sommes fort faciles à sortir des gonds de nous mesmes, & les Roys d' un autre costé si aisez à concevoir jalousie de leur grandeur, que d' un commencement bon & prospere, nous voyons de jour à autre, par un estrange changement de volonté, la fin estre miserable & digne de compassion. Adjoustez que le plus du temps les amitiez des Princes vieillissent avec leurs ans, & que tout ainsi que souvent ils ne sçavoient qui les avoit induits à cherir leurs favoris, aussi sur un mesme pied, & modelle, ils les oublient puis apres. Joinct que la Nature non seulement des Princes, ains de tout le reste du peuple est de si farouche condition, qu' une seule injure commise amortira à un instant une infinité de services. De là vint que Parmenion, sans lequel Alexandre auparavant n' estoit jamais venu à chef de quelque memorable exploit, fut par son commandement mis à mort, avec son fils Philotas. De là aussi un Sejan, que Tybere avoit choisi comme pair & compagnon de son Empire, à un instant, & quasi à un tour de main se trouva degradé de sa vie & de ses Estats: & de mesme façon sous Valentinian le tiers, a fin que d' une longue reveuë je ne coure sur tous les Empereurs de Rome, ce sage Senateur Etius, qui tenoit tout le gouvernail de l' Empire, & par la bonne conduite duquel ce grand fleau de tous les peuples Attilas avoit esté mis en route, en fin de compte pour tout salaire de ses longs & fideles services fut tué par le commandement de l' Empereur Valentinian son Maistre: & peu de temps apres ce grand Capitaine Belissaire, qui avoit desconfit les Perses, commandans sur la plus grand part du Levant, reduit par deux braves victoires soubs l' obeïssance de l' Empire, l' Affrique lors empietee par les Vandales & Alains, rompu la force des Gots en Italie, & mené en triomphe leur Roy dedans la ville de Constantinople sous l' Empereur Justinian, ne rapporta autre fruict de toutes ses grandes victoires, (si nous croyons à quelques anciens Autheurs) qu' une jalousie & maltalent de son Prince, lequel luy fit sur ses vieux ans creuer les yeux, le reduisant en telle mendicité, qu' il fut contrainct de caimander sa pauvre & miserable vie. Quelques autres attribuent cette mal-heureuse fortune à Joannes autre Seigneur, qui avoit auparavant disposé des volontez de ce mesme Empereur. Et s' il faut mesmement descendre jusques à nostre temps, la fin mal-heureuse d' Hebraïn Bassa tant chery & caressé d' un Soliman, & quasi reputé comme un autre soy-mesme, nous doit servir d' un bel exemple. Comme en Angleterre quasi de la mesme saison soubs Henry huictiesme du nom, la cheute du Cardinal d' Yorth, qui fut contrainct de son propre motif abreger ses jours, pour ne tomber en mort plus honteuse, combien que durant sa grande vogue, vilipendant un chacun, il fit par coustume ordinaire reverer en son anti-chambre son chapeau par les survenans. 

A fin cependant que je ne remuë la memoire de ce grand Admiral Chabot, sous le regne du grand Roy François. Toutes lesquelles Histoires deussent estre un bon miroüer à tous grands Seigneurs, a fin que d' un perpetuel pensement ils remaschassent en eux les effects de la fortune, pour leur apprendre à se contenir dans les bornes de leurs devoirs. Mais quoy? tels exemples ne tombent jamais devant nos yeux pendant l' heureux cours de nos affaires, & si peut-estre il advient qu' en nostre prosperité nous les lisons, c' est pour les mettre en nonchaloir, ou en faire seulement nos comptes. Si pendant nostre adversité, alors baissans les oreilles nous en tirons telle patience que la necessité nous enseigne, trompans nostre malheur par une comparaison de nostre fortune à celle des autres: combien que devant nostre desconvenuë, il eust esté beaucoup meilleur de faire nostre profit du dommage d' autruy.

6. 41. De Seigneurs de Seissomme & d' Origny freres jumeaux conformes de face, & façons en toutes choses.

De Seigneurs de Seissomme & d' Origny freres jumeaux conformes de face, & façons en toutes choses.

CHAPITRE XLI.

Ce que j' ay deduit par le precedant Chapitre, est estrange, & espouventable: Ce que je discourray maintenant est estrangement admirable: l' un & l' autre discours de difficile creance, & toutesfois tres-veritables, comme choses advenuës, & veuës de nostre temps. Entendez seulement l' Histoire, que j' ay aprise par le seigneur d' Origny, Gentilhomme de Marque, & d' honneur, aimé, & honoré de tous. 

Messire Henry de Roussi seigneur de Seissomme, issu de l' ancien tige, & estoc des Comtes de Sarbruch, & de Roussi demeurant à Seissomme derniere ville de l' Isle de France, situee au Balliage de Vermandois prés de Laon, espousa Dame Jaqueline de Lanoy, de laquelle il eut deux enfans, Messire Nicolas & Claude de Roussi freres jumeaux, qui depuis eurent pour leur partage, l' aisné la terre, & Seigneurie de Seissomme, le Puisné, celle d' Origny, & nasquirent le septiesme jour d' Avril 1548. avecques une telle ressemblance, que leurs Nourrices furent contraintes de leur bailler Bracelets divers de couleurs, pour recognoistre leurs nourritures. Conformitez qu' ils apporterent du ventre de leur mere, non seulement en ce qui estoit de la taille, & des traits de visage, mais aussi de leurs mœurs, humeurs, gestes, ports, volontez, affections, & inclinations. Qui fut cause à leurs Pere, & Mere, de les faire habiller de mesmes parures: Tellement que non seulement l' estranger, ains eux mesmes estoient fort empeschez de les distinguer. Ils furent tous deux nourris premierement au College, puis en Cour, le sieur de Seissomme page de la Chambre d' Antoine de Bourbon, Roy de Navarre, & le sieur d' Origny, du jeune Henry de Bourbon, son fils, depuis Roy de France, tous deux grandement cheris & aimez de nostre Roy Charles neufiesme, lequel souvent prenoit plaisir au milieu de cinq cens Gentils-hommes, de les mettre tous deux ensemble, & les considerer longuement pour y trouver en apres quelque marque de difference, mais apres les avoir faict passer & repasser dedans la foule, & se representer à luy, il ne les peut jamais, ny aucun de la troupe discerner au vray. Leurs confidens du depuis en leurs plus serieuses & secrettes affaires les prenans l' un pour l' autre, ne voulans aisément recognoistre ce qui estoit de la verité, nonobstant ses remonstrances qu' on leur fist de leur mesprise. Le seigneur de Seissomme estoit grand amy des seigneurs de Fervaque (depuis Mareschal de France) & d' Antrague. Les premieres femmes de ces deux seigneurs abusees prindrent le seigneur d' Origny pour son Frere aisné: & affin de ne rechercher tesmoignage és personnes decedees, la Damoiselle du Tillet fille vivante, qui par un vœu special a fait profession de n' estre tout le temps de sa vie mariee, cognoissant privement par honneur le sieur de Seissomme, passant sur le Pont au Change, où le sieur d' Origny achetoit en quelque boutique de la vaisselle d' argent, il fut par elle salüé comme vray Seissomme, & comme l' autre qui ne la cognoissoit, ne luy rendit pareil salut, elle luy imputa qu' il se vouloit dissimuler, de maniere qu' apres plusieurs attestations, le seigneur d' Origny eut grande peine d' extorquer d' elle la non cognoissance de la verité: & ainsi se partirent contens l' un de l' autre. 

Je veux remarquer en eux deux choses de tres-grande admiration. L' une qu' ayans esté, comme Gentils-hommes duits dés leur jeunesse en toutes sortes d' exercices honnestes, entr'autres en celuy du jeu de la paulme, auquel ils s' estoient rendus grands maistres, le Seigneur d' Origny se trouvant surpasser son frere, qui faisoit de fois à autre des parties mal à propos, esquelles il se voyoit succomber. Pour à quoy remedier, il sortoit du jeu, feignant d' aller à quelque necessité de nature: & peu apres faisoit entrer son frere en sa place, qui estoit des regardans, lequel relevoit & gaignoit la partie, sans que nul, ny des joüeurs, ny de ceux qui residoient à la galerie, y cogneussent rien du changement. L' autre, que s' estant le Sieur d' Origny voüé à la recherche de la Vicomtesse d' Esclavole, belle, riche, & vertueuse Dame, pour l' espouser, cette mesme devotion entra tout aussi tost en l' ame du Sieur de Seissomme, qui ne sçavoit que son frere s' y fust engagé, mais en ayant eu advis changea promptement de propos, au profit & advantage du Seigneur d' Origny, qui l' espousa: Aussi les mesmes accidens qui arriverent à l' un pendant le cours de sa vie, arriverent pareillement à l' autre, mesmes maladies, mesmes blesseures, à mesme instant, en mesmes endroits de leurs corps. Et lors que le Seigneur de Seissomme tomba malade de la maladie dont il mourut, au trentiesme an de son aage, le Seigneur d' Origny se trouva au mesme temps atteint de mesme maladie, au grand danger de sa personne, vray qu' il en reschapa par l' industrie de son Medecin: Et comme ils ne sceussent, à cause de leurs esloignemens l' estat auquel ils estoient pour lors, ils s' envoyerent reciproquement Messagers, a fin de sçavoir comme ils se portoient. En fin le Seigneur de Seissomme, mal traicté de son Medecin, estant allé de vie à trespas, & le Seigneur d' Origny en ayant eu la nouvelle quelque temps apres, tomba en telle syncope, qu' on estimoit qu' il fust mort, toutes-fois il en reschapa. Le Seigneur de Seissomme mourant delaissa deux enfans, dont l' un est aujourd'huy vivant. Et auparavant que les deux freres fussent malades, un bon peintre les representa tous deux dans un tableau tels qu' ils estoient, c' est à dire tres-semblables de corpulence & visage: Et le Seigneur de Chandieu d' un bel esprit, fit sur ce tableau les vers Latins qui s' ensuivent, desquels je vous fais part.

Quas credis esse has? non sunt binae tabulae, 

Quam credis esse hanc? non est una tabula; 

Partus unius partes duas (Viator) aspicis

Haud similares quidem, sed usque adeo similes,

Ut bis quidem foetum edidisse dixeris

Foecundam matrem, hos quae gemellos peperit.

Quippe unum spirantes amorem, duo coniuges

Efflictim amantes, unum expressere, simulque duos.

Hos ego, naturam bis imitatus artifex,

Eadem in tabula; unum expressi, simulque duos,

Postquam diu multumque versans oculos

Si quam dissimilitudinis notarem modo notulam,

Quae ubi nulla nostrae patuit industriae, 

Ecce Sissomios fratres Comitum Roussiorum genus

Apud Celtas, antiquae, & praecipui nominis prosapiae,

Opera mea vides esse unum, & esse duos,

Ac si contingat meo, quod Thimantis operi,

Quo plus intelligendum quam videndum praebuit,

Unum ingenium, geniumque notaret duplex tabula,

Et Castoris atque Pollucis revocaret nomina; 

Eosdem numeraret casus, eadem pathemata:

Ut alter prae alterius vita, vitam suam despicit,

Et quasi prae amore, uterque utrique Narcißus foret

Uterque in utroque seipsum iugiter aspicit,

Adeo utrique in utroque sanè quamliberalis facies,

Utrique in utroque ingenij placet amoenitas,

Denique hos gemellos morbus idem corripit;

Sors una; mors una utrumque penè abstulit.

Sed dissimilem vitae exitum, dissimilis fecit curatio,

Hic longiorem vitam habuit: ille sobolem, 

Una ut progenies binis superaret fratribus,

Quos vides uno vultu, moribus, humoribus;

Haec autem habet orba soboles, patruum superstitem,

Ut post parentem, paternus amor viveret. 


SONNET.


Sous un mesme Ascendant deux jumeaux enfantez,

Furent pareils en corps, & pareils en visage, 

Pareils en actions, & pareils en langage,

Pareils en accidens, pareils en volontez.

Leurs plus beaux traicts estans l' un de l' autre empruntez,

Le Peintre les a peints tous deux en une image;

La seule mort voulut enfraindre cet ouvrage, 

Nos yeux ayans esté trompez des veritez.

Qui voit Seissomme vif, voit Seissomme inhumé;

Le corps vif veut revoir le corps mort r'allumé,

Le mort appelle à soy le vif qui luy ressemble. 

Une ame, & un amour vivoient en deux ressorts:

Mais comme un seul tableau figure icy deux corps, 

Un seul corps vif fait voir les deux esprits ensemble.


Fut-il jamais un plus bel, & excellent artifice de nature, que cestuy-cy?

Le Seigneur d' Origny me recita cette Histoire en presence de quelques Gentilshommes, qui le pouvoient sagement desdire, si la verité eust esté autre: Mais ils y acquiescerent, quelques uns d' entr'eux ayans esté diversement spectateurs des choses par moy recitees.

6. 40. D' une grossesse prodigieuse advenuë de nostre temps en la ville de Sens.

D' une grossesse prodigieuse advenuë de nostre temps en la ville de Sens.

CHAPITRE XL.

A l' issue du precedant chapitre, dans lequel je vous ay fait recit d' un esprit miraculeux qui fut veu autresfois en nostre France, je vous veux pour contreschange servir maintenant d' une grossesse & enfantement tout au rebours plus prodigieux, que le miracle n' avoit esté veu grand en l' autre. Les anciens discoururent de plusieurs monstres qui avoient esté produicts contre le commun cours de nature, mais je ne pense que jamais y ait eu accident monstrueux en femme tel que celuy dont je vous veux faire part.

Dedans la ville de Sens demeuroit une femme nommee Columbe Chatri, qui vesquit en lien de mariage l' espace de quarente huit ans avecques Louys Carita cousturier de son mestier. Advient qu' elle est engrossee de son mary, & sent en soy les premieres remarques d' un enfant encommencé: Car incontinent elle vint à une suppression de ses purgations naturelles, qui estoient auparavant en elle bien reglees, fut travaillee le premier mois d' un appetit de choses estranges: sentit au temps qu' il faut le remuëment de l' enfant, & par diverses fois. Ce pendant son ventre & ses flancs grossissoient peu à peu, & le laict enfloit ses mammelles. Peu s' en falloit que le temps & cours de sa vraye grossesse ne fust parachevé, qu' elle commença d' estre violentee, comme du travail de son accouchement, & pressee rudement des trenchees du ventre. Elle fut quelques jours sans rendre aucune urine (chose qui apprestoit gradement à penser aux medecins) laquelle quelque temps apres se desbonda d' elle, comme d' un petit torrent, entremeslee d' un grand amas de sang figé. Quoy voyans les Sage-femmes, qui auparavant se promettoient une heureuse couche, demeurerent fort estonnees. Depuis cette trompeuse grossesse, cette pauvre femme demeura au lict malade trois ans: Et jusques au dernier poinct de sa vie ne porta jour de santé. Faisant plainte incessamment de son enfleure, des trenchees de son ventre, qu' elle donnoit à manier aux premiers Medecins, ou Chirurgiens qui se rencontroient: faisoit ses doleances de cette grosse charge & inutile, qui tomboit deçà delà, & suivoit le remuëment divers de son corps. Et neantmoins estant en ses gayes pensees, disoit de fois à autres à ses voisines, qu' elle portoit dedans ses flancs un enfant qui feroit mourir la mere. Elle porta cette grossesse vingt & huit ans, fut mariee l' espace de quarante huit, mourut au soixante huitiesme de son age, delaissé son mary, lequel desirant s' esclaircir de cet accident qui avoit fait si longue & fascheuse compagnie à sa femme, la fit ouvrir par deux Chirurgiens de la ville de Sens, lesquels de prime face faisoient estat de cela, comme d' une tumeur schirreuse, toutesfois plus ils allerent avant plus ils se trouverent trompez: & tirerent de la matrice, le corps d' une petite fille tout formé, mais petrifié. Corps qui fut monstré à qui desiroit le voir. Mesmes Maistre Jean d' Alibour lors medecin tres fameux en la ville de Sens, & depuis premier Medecin de nostre Roy Henry IIII. redigea cette histoire par escrit, comme tesmoin oculaire, duquel je l' ay prise & aprise: & tout d' une main tasche de rendre raison par nature de cette metamorphose: Comme aussi fit le semblable à sa suite Maistre Simeon de Provenchere lors son compagnon en la ville. Tous deux personnages de marque en leur profession. Repassez par toutes les histoires prodigieuses qui furent oncques, cette-cy est l' outrepasse des autres. Que cela ait estre fait, puis qu' il est advenu, je n' en doute, mais d' en pouvoir rendre la raison comment & pourquoy, c' est en quoy je ne me puis satisfaire: Bien desirerois-je sçavoir auquel des deux il y a plus de merveille, que cette masse de chair se fust transformee en pierre portant la figure de fille, ou bien que cette pauvre femme l' ayant dedans ses entrailles ait peu viure l' espace de vingt & huit ans. Cette histoire est moderne, comme advenuë de nostre temps, mais elle se fera vieille par la suitte des ans.