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miércoles, 31 de mayo de 2023

3. 1. De la preseance du sainct Siege de Rome, sur l' Eglise Catholique.

De la preseance du sainct Siege de Rome, sur l' Eglise Catholique. 

CHAPITRE I. 

Qui voudra considerer quel fut le premier plant de nostre Religion Chrestienne, apres que nostre Seigneur eut satisfait à tous les mysteres cachez, qui avoient esté long temps auparavant de luy predicts, il trouvera que le dernier, & plus solemnel commandement qu' il donna à ses Apostres, & quasi comme un fideicommis general de son testament: ce fut qu' ils espandissent par tout l' Univers les semences de la saincte parole qu' il leur avoit annoncee. Depuis estant monté au Ciel, & ayant en eux imprimé le caractere du sainct Esprit, la premiere chose qu' ils eurent en recommandation, apres avoir ordonné des affaires de l' Eglise de Hierusalem, ce fut de partager entr' eux par commune devotion tout ce monde. Et leurs estans, & à leurs disciples escheuës diverses Provinces pour cultiver, il seroit impossible de dire, combien fructifia en peu de temps ce nouveau fruict, par la devotion, diligence, & hardiesse de ces bons & vertueux jardiniers. Et encores que chacun diversement selon le pays qu' il avoit à traitter, introduisit diverses ceremonies, & coustumes, si est-ce qu' eux tous raportoient leur creance à une unité de principes. 

Ceux-cy du commencement estoient indifferemment appellez Evesques, ou Prestres. Ainsi l' aprenons nous de sainct Luc, au chapitre 15. & 16. des Actes des Apostres, & au 25. où sainct Paul prenant congé des Ephesiens en la harangue qu' il leur feit, appelle sur la fin Evesques, ceux que sur le commencement il avoit appellez Prestres: Vray que ceste police ne dura pas entr' eux longuement: Voire prit changement dés le temps mesme des Apostres, comme nous aprenons du venerable Beda sur le 10. chap. de S. Luc, disant. Sicut duodecim Apostolos, formam Episcoporum praemonstrare nemo est qui dubitet, sic & hos septuaginta discipulos, figuram Presbyterorum, id est, secundi ordinis Sacerdotes gessisse sciendum est. Tametsi primis Ecclesiae temporibus, ut Apostolica scriptura testis est, utrique Presbyteri, utrique vocabantur Episcopi. Quorum unum, sapientiae maturitatem, alterum, industriam curae pastoralis significat: Passage que l' on ne peut assez solemnizer pour ceste ancienneté. Comme aussi est-ce la verité, que depuis à l' imitation de ceste saincte police, la Religion Chrestienne provignant, & la necessité requerant divers Ministres, non seulement sur les Provinces, mais aussi sur les villes, bourgs, & bourgades, l' on commença petit à petit, d' y establir difference. De là vint que ceux qui avoient l' œil & intendance generale sur les Provinces, furent appellez Evesques: & les autres qui particulierement avoient la charge des quantons des villes, & bourgades, estoient seulement appellez Prestres. C' estoient ceux, qui par la permission de l' Evesque, avoient puissance d' administrer la parole de Dieu, & les saincts Sacremens de l' Eglise, la part qui leur estoit distribuee. Chose qui estoit observee dés le temps mesmes de Tertulian, comme il nous enseigne en son traicté du Baptesme. Nous les avons depuis nommez Curez. Toutesfois, pour autant qu' anciennement l' on ne donnoit l' ordre de Prestrise qu' à ceux qui devoient avoir charge d' ames, & consequemment quelque tiltre: depuis noz Evesques par leur avarice ayans converty en abus ceste honorable coustume, distribuans à toutes occurrences, & sans acception de personnes, ceste charge à uns & autres, entre toutes ces corruptions, encores nous est demouree une image de ceste belle ancienneté. D' autant que nous disons que l' on ne peut appeller aucun aux ordres de Prestrise, qu' il n' ait tiltre, rapportans à je ne sçay quoy de temporel, ce que ces saincts Peres rapportoient au spirituel: & nommons encores Presbitaires les maisons destinees pour l' hebergement des Curez. Aussi entre les Cardinaux de Rome l' on en appelle les aucuns, Prestres, c' est à dire, les Cardinaux qui sont pourveuz des anciennes Cures de Rome, à la difference de ceux qui sont Cardinaux Diacres. On appella par succession de temps le ressort que tenoient les Evesques, Dioceses. Mot dont les anciens Romains usoient quelquefois sur le declin de l' Empire, pour Province: & celuy des Prestres, ou Curez, parroisses, combien que je trouve les Evesques avoir assez souvent appellé leurs Dioceses du nom de paroisses, comme s' ils eussent voulu dire que leur charge estoit une grande Prestrise, & que les Prestres estoient petits Evesques en leurs charges, par une reduction que l' on appelle du grand au petit pied.

Or eurent-ils une coustume fort familiere: car ayans entrepris de gaigner par leurs sainctes exhortations, tout le monde, ils avoient accoustumé de deleguer les plus capables & suffisans aux principales villes de chaque Province: Dont est venu que par une police Ecclesiastique, s' estant nostre Eglise divisee en Patriarches, Archevesques & Evesques, vous voyez les noms des Patriarchats, & Archeveschez és villes, où la domination temporelle avoit plus de lieu: & ceste mesme raison apporta puis apres de grands troubles à la grandeur de l' Evesque de Rome, ainsi qu' il sera dit en son lieu. Cecy à mon jugement, fut cause que Rome estant du temps des Apostres, le siege de l' Empire & ressort general de tout l' Univers: & S. Paul' s' estant transporté en ceste ville par necessité, pour respondre de son faict devant l' Empereur, l' on deputa depuis avec sainct Pierre pour y venir annoncer la doctrine de Dieu: Auquel lieu, comme chacun sçait, apres y avoir faict plusieurs grands miracles, en fin ils porterent un tres-vertueux tesmoignage de leur foy par leurs martyres. Lors se faisoient & long temps apres les assemblees des Chrestiens en cachete, pour eviter la fureur du Magistrat. Car encores que par traitte de temps quelques Empereurs feissent contenance de n' exercer leurs cruautez contre nous, si est ce que telles douceurs n' estoient qu' une amorce pour nous surprendre. D' autant que ceux qui sous cest appast s' estoient trop descouverts en leurs deportemens, à la premiere mutation d' Empereur, il se trouvoit un successeur qui recommençoit de seuir, comme au precedent encontre eux. Tellement que chacun estoit contrainct d' être retenu en ses actions. Et certes l' Eglise Romaine se rend grandement recommandable en ce point cy. Par ce que depuis S. Pierre jusques à Silvestre, qui fut du temps de l' Empereur Constantin, n' y eut Evesque dedans Rome qui ne seellast de son sang le tesmoignage de sa foy. Et encores que quelques uns se trouvassent plus foibles à supporter le premier heurt des persecutions, si est-ce que revenans à leur mieux, & second penser, ils embelissoient leur memoire de quelque beau & brave traict. Comme nous voyons qu' il advint à Marcelin Pape, lors de la grande boucherie & persecution de Diocletian, lequel pour caller la voile à la tempeste qui lors couroit, ayant par crainte immolé aux Idoles, en fit depuis penitence publique aux pieds de l' Eglise. Et non content de ceste confession, pour satisfaire d' avantage à sa conscience, se presenta devant Diocletian, luy reprochant ses cruautez, & sur ce reproche receut volontairement la couronne de martyre. 

Je ne trouve qu' adoncques tombast la Primauté de l' Eglise en dispute, ains quelque temps apres que les Apostres furent passez de ce monde en l' autre, le premier ordre de l' Eglise estoit des Evesques, le second des Prestres, & le dernier des Diacres. Et entre les Evesques on faisoit grand estat de ceux qui avoient leurs sieges és lieux, ausquels les Apostres, ou leurs disciples avoient presidé, & entre iceux, de celuy de Rome principalement pour la dignité de la Chaire Sainct Pierre, comme nous l' apprenons expressement de Tertullian en son livre contre les heretiques. Ceste primauté commença d' être aucunement enviee en ce grand Concil de Nice sous Constantin, quand l' exercice de nostre Religion commença d' être faict à huys ouvert. Car lors se trouva l' Evesque d' Alexandrie qui voulut concurrer en seance, avecques celuy de Rome. Depuis ce temps, je ne voy point que le Romain n' ait tenu le premier lieu sur les autres, sans exception ou reserve. A ceste cause trouvons nous dans Optat, qui fut soubs les Empereurs Valens, & Valentinian, en son premier livre, encontre les Donatistes, que Donat heretique, ayant presenté requeste à Constantin pour faire juger sa cause par trois Evesques des Gaules, l' Empereur luy ayant baillé pour juges, Materne Evesque de Colongne, Rhetice Evesque d' Autun, & Marin Evesque d' Arles, ils s' acheminerent à Rome pour decider par expres ceste affaire sous l' auctorité de Militiades Evesque du lieu. Et le mesme Optat, au deuxiesme livre, pressant de pres ses adversaires, qui s' estoient divisez de l' union de l' Eglise, & avoient creé sur eux un Evesque: Vous ne pouvez nier (dit-il) qu' en la ville de Rome ne fust premierement donnee à Sainct Pierre, la chaire Episcopale, en laquelle il a tenu le siege, comme chef de tous les Apostres. Puis il recite par honneur d' une longue suitte, l' un apres l' autre, tous les successeurs de S. Pierre, desquels avoit despendu l' union de l' Eglise universelle. Chose que fait en cas semblable Sainct Augustin en la cent soixante cinquiesme Epistre à Generose. Et Amian Marcellin mesmes, qui fut Ethnique, au quatorziesme livre de son histoire, faisant mention d' une sentence decretale, qui avoit esté donnee contre Athanaise Evesque d' Alexandrie par ses mal-vueillans, à la suscitation & pourchas de l' Empereur Constance, qui estoit Arien, recite que cest Empereur desira sur toutes choses que ceste sentence fut signee de Libere, qui lors siegeoit à Rome: Le passage estant de telle substance. Combien que cest Empereur eust attaint au dessus de son entreprise, & qu' il ne doutast point qu' Athanaise ne fust destitué de son Evesché, toutesfois pour l' authorité que tenoient lors les Evesques de Rome, il eust grandement desiré que Libere souz-signé avecques les autres Evesques contre luy. 

Ce qui fit passer condemnation plus facile à l' Evesque d' Alexandrie, en faveur de l' Evesque de Rome (j' useray de ce mot maintenant, en attendant l' occasion selon l' ordre des temps que je le nommeray Pape tout à faict) ce fut la desunion qui se trouva entre les Eglises du Levant. Deslors mesmes que l' Eglise commença de n' être plus affligee, par la puissance seculiere, elle s' affligea d' elle mesme. Il y avoit un Prestre dans la ville d' Alexandrie, nommé Arius, qui avoit esté degradé de l' ordre de Prestrise, lequel indigné de ce rebut, commença de se faire chef de part. Et de fait, il sema une grande zizanie en Egypte, sur le mystere de la Trinité, dont depuis sourdirent grands troubles, partialitez, & divisions en la Religion Chrestienne, speciallement entre les Eglises du Levant. Presque en ceste mesme saison, Donat remua une autre nouvelle erreur, qui partialisa tous les Afriquains, s' estans ces premiers & seconds heretiques tellement authorisez, qu' ils avoient leurs Evesques à part, les uns Ariens, les autres Donatistes. Il seroit impossible de dire quelle desolation il en vint: par ce que les Evesques está (estan, estant) divisez en sectes, se forgeans Concils sur Concils, & defaisans par un Concil ce qui avoit esté arresté par l' autre, la vraye definition de la foy s' esvanouit presque entr' eux. Et qui est encores un plus grand malheur, pendant que les Prelats n' avoient autres desseins que de ruiner leurs adversaires, au lieu de s' estudier à une reconciliation Chrestienne, & que le Catholic estoit excommunié par l' Arien, & cestuy-cy par le Catholic, division qui continua par une tres-longue traite de temps: Mahommet se meit aux aguets, & sur ce seul divorce, prit argument d' envahir sur nous la plus grande partie de nostre Chrestienté, & des deux Religions en forma une troisiesme, de plus pernicieux effect, & consequence que n' estoit l' Arianisme.

Pendant ces divisions, toutainsi que durant les tribulations premieres de nostre Religion, tous les Evesques de Rome furent martyrs, aussi est-ce un autre poinct tres-grandement loüable, qu' il ne se trouva jamais aucun d' eux, lequel parmy ces dissensions Ecclesiastiques, fut infecté ny de l' heresie Arienne ny de celle des Donatistes, ains demourerent perpetuellement en leur ancienne Religion fermes & stables, ainsi qu' un roch au milieu des vagues. D' avantage lors que les Evesques Catholiques du Levant, ou d' Afrique, contre lesquels on ioüoit à boute hors, estoient exterminez de leurs sieges par les heretiques, ils n' avoient autre plus seur refuge, que par devers l' Evesque de Rome, lequel leur estoit comme leur dernier & souverain port de salut. Or entre les villes qui en furent les plus affligees, ce fut celle d' Alexandrie, où l' heresie d' Arius avoit pris son commencement, en laquelle neantmoins y eut de vertueux Evesques, comme Alexandre, Athanaise, & autres qui porterent vaillamment les chocs, & efforts des ennemis de la foy. Si n' y peurent-ils si bien resister, qu'ls ne fussent tantost bannis de leurs Eglises, tantost restablis, puis chassez comme devant, selon que le bras seculier favorisoit plus ou moins le party Catholic.

La ville de Rome estant la plus asseuree retraitte de tous ces Evesques, comme celle, en laquelle n' estoit ceste des-union: au contraire la ville d' Alexandrie estant combatue de ces flots, cela petit à petit fit choir l' Evesque d' Alexandrie d' un degré, lequel au Concil de Nice s' estoit voulu aucunement apparier à l' autre: & à vray dire, la decroissance de l' un, fut l' augmentation de l' autre. A maniere que de là enavant vous trouverez la grandeur de l' Evesque de Rome beaucoup plus recogneuë qu' elle n' estoit auparavant. De là vient qu' Athanaise est accusé devant Jules Pape, qui donne assignation aux parties pour comparoir devant luy à Rome. Aussi commencerent les Catholics au Levant de faire grand rapport de luy encontre les Ariens. Pour ceste cause ne voulurent-ils point soubsigner les Decrets du Concil tenu à Arimini, par ce entre autres choses que l' Evesque de Rome n' y avoit presté consentement & assistance. Et Socrate historien Ecclesiastique, pour montrer qu' un Concil, qui avoit esté tenu en Anthioche sous l' authorité d' Eusebe Evesque de Nicomedie, lequel avoit grand credit pres de l' Empereur Constance, ne devoit être aprouvé par l' Eglise: Mais a ce Concil (dit-il, au livre I. de son histoire) ne se trouva Jules Evesque de la grande Rome, ny aucun Legat de sa part, combien que la reigle Ecclesiastique commande qu' il ne faille celebrer les Concils outre sa volonté, & sentence. En cas semblable Sosomene au livre troisiesme, dit qu' il y avoit une loy generale en l' Eglise, qui vouloit tous actes estre anullez, qui s' estoient passez au deceu de l' Evesque de Rome. Et le mesme autheur racontant peu apres, qu' Athanaise avoit esté contrainct de se retirer à Rome par la calomnie de ses ennemis, comme pareillement Paul Evesque de Constantinople, Marcel Evesque d' Aurice, Asclepas Evesque de Gaze, nous enseigne que Jules Evesque de Rome ayant entendu les accusateurs des uns, & des autres, & cognoissant que tous ces Evesques fuitifs simbolisoient unanimement au Concil de Nice, les receut tous en sa communion, comme ayant soin d' eux. Et ce à cause de la dignité speciale de son siege (faict-il) & à chacun d' eux rendit son Eglise. Accusant par lettres les Evesques Orientaux de ce qu' à tort ils avoient chassé ces preud'hommes de leurs Eglises, mesmes qu' ils observoient les Decrets du Concil de Nice, & enjoignit à quelques uns d' entr' eux de comparoir par devant luy, pour leur monstrer que le jugement par luy prononcé, estoit juste. Les menaçant au surplus de ses censures s' ils ne vouloient se deporter de tels troubles & novalitez. A quoy les Evesques Ariens firent responce qu' ils recognoissoient l' Eglise Romaine tres-liberale envers tous, comme celle qui tousjours avoit vescu apostoliquement, & qui de tout temps & ancienneté avoit esté destinee mere de pieté: toutesfois qu' il ne les falloit point postposer à elle pour n' avoir ny tant ny de si grandes Eglises, comme elle, veu qu' ils ne luy cedoient nullement en qualité. Desquelles choses l' on peut recueillir que les Catholics portoient lors l' Evesque de Rome sur leurs espaules, pour faire teste aux Ariens: & qu' à l' opposite les Ariens s' en defendoient comme ils entendoient. Car peu après ce mesme autheur nous tesmoigne que les Evesques Orientaux scismatiques excommunierent l' Evesque de Rome, par ce qu' il avoit receu en sa communion Athanaise: & toutesfois que la sentence de l' Evesque de Rome fut de tel poids, que par le moyen d' icelle, Athanaise & Paul r' entrerent dans leurs Eveschez. Et depuis ayant esté Athanaise suivy par les ennemis, & s' estant rendu fuitif à Rome, Jules blasma rigoureusement ceux, qui contre son sceu s' estoient assemblez dans la ville d' Antioche, veu qu' ils sçavoient, ou devoient sçavoir que les saincts Canons defendoient de decreter rien aux Concils, sans son consentement & authorité. Qui est pour revenir à ce que Socrate avoit dit comme cestuy-cy.

Ainsi croissoit de jour en jour à veuë d' œil l' authorité du sainct Siege, luy ayant l' Evesque d' Alexandrie en toutes choses cedé: & neantmoins belle fut la contention de ces deux sieges, par ce que ce qui avoit en ceste façon, authorisé l' Alexandrin entre les autres, estoit que deslors de l' advenement de S. Marc, premier Evesque d' Alexandrie, tousjours avoit esté ceste Eglise autant bien edifiee en bonnes & sainctes institutions, que nulle autre. Et de faict, en icelle furent premierement introduicts les precepteurs, & maistres d' escoles, & nourris aux despens de l' Eglise. Pareillement en ceste ville se poussa une pepiniere de gens Religieux & devots, dont depuis sourdirent les Ordres des Monasteres & Religions, qui entreprindrent d' introduire entre eux une forme de gouvernement, à l' instar de la Republique, qui fut du commencement entre les Apostres. Et vrayement ceste dispute estoit honorable. Par ce que ces deux grands Evesques picquez d' une belle & saincte ambition, ioüoient chacun à qui mieux mieux, l' un pour être collateral, & l' autre pour n' avoir point de compaignon & pareil. Ce que je deduiray maintenant à quelque peu plus de l' homme. 

J' ay dict cy dessus que plus les villes estoient grandes, plus y estoient grands les Evesques, soit que la grandeur & authorité des lieux en fust cause, ou bien que la necessité leur apprit d' y commettre gens, non seulement nourris aux affaires de l' Eglise, ains du monde, lesquels estans tels, gaignoient avec le temps de grands advantages sur les autres. Je trouve sur le declin de l' Empire trois villes, qui devindrent fort grandes par le remuement de menage que fit Constantin de la ville de Rome en Grece: Constantinople, Milan, & Ravenne. Constantinople, pour autant que les Empereurs y establirent leur principal sejour: Milan, par ce que quand l' on trouvoit deux Empereurs fraternisans, dont l' un prit la protection du Levant, l' autre, celle de l' Occident, celuy qui s' habituoit en Italie sejournoit ordinairement à Milan, ou bien passoit les monts pour venir demourer aux Gaules: Ravenne, d' autant que les nations Barbares s' estans desbordees contre l' Empire, & les Ostrogots faits maistres de l' Italie, Theodoric leur premier Roy y constitua sa demeure: & depuis estant ceste nation chassee, & l' Italie commençant d' être gouvernee par un gouverneur, qu' ils appellerent Exarque, il choisit son habitation en la mesme ville. Cela fut cause que les Evesques qui presidoient en ces trois villes, voulurent aussi faire leur profit de l' amplitude & dignité de leurs sejours. Et tout ainsi que leurs villes chacune à leur tour, avoient precedé en superiorité temporelle, aussi soustenoient-ils chacun en leur endroict, le Constantinopolitain devoir precede, ou pour le moins s' apparier avec celuy de Rome, & les deux autres, de ne le recognoistre pour superieur, ains estre francs & exempts de la puissance spirituelle. Voyez je vous prie comme la diversité des siecles apporta diversité de mœurs & d' humeurs. Lors que l' Evesque Alexandrin vouloit estre conservé en sa grandeur, c' estoit en consideration de sa longue ancienneté, & maintenant ces trois villes cy vouloient être authorisees pour leur nouveauté. 

Grande & ambitieuse fut la contention de l' Evesque de Constantinople contre le Romain. Celuy là alleguoit la Noblesse de sa ville, pour avoir esté tousjours illustree de la presence de l' Empereur. Que de toutes les villes de l' Empire cette cy se pouvoit dire vrayement Chrestienne: Par ce que deslors que Constantin y avoit planté, & son nom, & son siege, à l' instant mesmes y avoit-il aussi planté la foy & la Religion Chrestienne. Et ne pouvoit-on depuis remarquer temps, sous lequel on eust faict exercice de l' idolatrie, fors quelques mois sous Julian l' Apostat: mais soudain s' estoit cela, par la mort de luy, evanouy en fumee. Soustenant pour ces considerations l' Evesque de Constantinople, qu' il devoit preceder, ou à tout le moins esgaler en tout & par tout, l' Evesque de Rome. Toutes fois contre tout cecy le Romain avoit grandes defences: l' authorité de sainct Pierre entre les Apostres, duquel il estoit successeur, la reverence des saincts Peres de Rome, qui tous avoient esté exposez à mort pour le soustenement du nom de leur maistre, la continuation de leurs successeurs en leur foy sans varier, lors des scismes & divisions de l' Eglise, les preeminences qui luy avoient esté accordees tant au Concil de Nice, qu' autres: & à peu dire, combien que la ville de Constantinople fust reparee de la presence de l' Empereur, si est-ce que la seule memoire de la grandeur ancienne de Rome (bien qu' elle fust lors comme ville-gaste) effaçoit la dignité de ceste ville nouvelle. Aussi voyons nous infinis passages dans les anciens, ausquels parlans de la ville de Rome, ils l' appelloient urbem aeternam, parole qui sortit de la bouche des Payens mesmes, comme si Dieu eust voulu par leur organe predire une autre nouvelle grandeur qu' elle couuoit dans son sein, telle que nous avons depuis veüe. Ce different fut terminé au Concil general de Constantinople, dessous l' Empereur Theodose, où apres avoir condamné l' heresie de Macedonius, il fut arresté que la premiere seance appartenoit à l' Evesque de Rome. Et combien qu' auparavant apres luy, eut lieu l' Evesque d' Alexandrie, puis d' Antioche, puis de Hierusalem, toutesfois il fut ordonné qu' immediatement, apres le Romain, seroit l' Evesque de Constantinople, les trois autres descheans par ce moyen chacun en leur endroict, d' un degré. Cela fut cause que depuis Sozomene, Evagre, & autres autheurs Ecclesiastics parlans de ces cinq sieges, comme des chefs de la Chrestienté, ils suivent tousjours ce mesme ordre d' Evesque de Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche, & Hierusalem. Concil que l' on ne peut dire sans calomnie, n' avoir esté tres-sainct & tres-juste en ce jugement, de tant que l' Evesque de Rome n' y estoit, ny autre pour luy, par l' entremise duquel il eust peu sous main se conserver ceste authorité. Et neantmoins fut ceste primauté confirmee sans contredict par le commun suffrage de 15. Evesques qui y assisterent, comme aussi fut elle ratifiee par l' Empereur Justinian, en sa cent trente & uniesme nouvelle constitution. Grande pitié: l' ambition en cecy fut telle, que les Grecs pour gratifier à leur Patriarche falsifierent ce Concil: & se trouverent quelques uns si impudens de dire, que par ce Concil le premier lieu de l' Eglise fut adjugé à l' Evesque de Constantinople, & le second à celuy de Rome.

Jusques icy tout le different de ces deux Prelats estoit sans plus de la Primauté, & non de la Principauté, & ne s' estoit encores insinué en nostre Eglise à face ouverte le tiltre d' oecumenique, ou universel. Voicy à mon jugement, qui en donna l' ouverture. En ce Concil de Constantinople furent arrestez des degrez Ecclesiastics entre les Prelats, & à ceste fin trouvez nouveaux mots, peu, ou point usitez au precedent. Car au lieu où l' ancienneté respectoit par honneur ces cinq grands sieges, on commença depuis ce Concil à les honorer par police. Car si nous croyons Nicephore, l' on ordonna lors les ordres de Patriarchats, Archeveschez, & Eveschez, c' est à sçavoir que ces cinq grands sieges seroient erigez en Patriarchats, qui auroient sous eux divers Archeveschez, & les Archeveschez des Eveschez. Laquelle police, bien que specieuse, si ne pouvoit elle être du commencement goustee par plusieurs Eglises, craignans que ce nom venerable de Primauté, tant honoré par la primitive Eglise, se tournast en quelque extraordinaire puissance sous le nom de Principauté: & de fait, au Concil de Chartage, qui fut celebré par 217. Evesques, 30. ans apres, auquel fut condamnee l' heresie de Pelagius: entre autres articles, il fut par expres defendu aux Prelats, qui tenoient lieu de Primace, de ne s' intituler Princes des Evesques, ains seulement Primats. Toutesfois ce Decret demoura sans effect, & avec le nouveau nom de Patriarche, qui signifie Prince des Peres, nasquit aussi en l' Eglise une nouvelle puissance. Car au lieu, où auparavant on pourvoyoit aux Archeveschez & Eveschez, par l' advis des Prelats comprovinciaux, les Patriarches commencerent à se donner loy d' en ordonner comme ils trouvoient bon de faire, sans prendre autre advis que d' eux-mesmes. Ainsi lisons nous que S. Jean Chrisostome, Patriarche de Constantinople, voyant qu' il y avoit 13. Evesques en la Licie & Phrygie, qui par voye Symoniaque estoient parvenus à leurs Eveschez, les en priva de tout poinct, & en instala d' autres: voire establit Heraclide en l' Archevesché d' Ephese, & Pansophie en celle de Nicomedie, apres en avoir chassé Geronce. Et à l' exemple de luy Procle l' un de ses successeurs, le siege de Cesaree vacquant au pays de Capadoce, qui estoit l' un des premiers du Levant, & en pourveut Thalasie. Qui estoient traits, non de Primauté, ains de Principauté souveraine. De là vint que quelques uns des patriarches prindrent depuis par succession de temps le tiltre d' oecumeniques, c' est à dire universels, non que par cela ils pretendissent avoir commandement sur toutes les Eglises de l' Univers: mais bien qu' en ce qui dependoit de leurs patriarchats, ils estoient universels, je veux dire qu' ils avoient universellement autant de puissance sur tous les Archeveschez & Eveschez, comme particulierement chaque Evesque dans le destroict de son Diocese: & de fait, c' est à mon jugement errer en l' histoire, d' estimer que depuis le Concil de Constantinople, tenu soubs Theodose le grand, le patriarche de Constantinople eust opinion de donner la loy au Pape de Rome, encores qu' il se feist appeller universel, comme aussi voyons nous qu' au 6. Concil de Constantinople, tenu sous Constantin Pogonat, le Pape de Rome, & le patriarche de Constantinople, sont tous deux diversement appellez Evesques Oecumeniques & universels, dans les mandemens qui leur sont envoyez par l' Empereur. Chose qui eut esté inepte, si on ne les eust estimez universels, chacun en leur endroit dedans leurs destroits & ressorts: toutesfois a fin de n' enjamber sur l' ordre du temps, & que ceste histoire qui depuis a engendré plusieurs divorces en quelques esprits contumax, soit recogneuë de poinct en poinct & par le menu, il me semble qu' elle merite bien son chapitre particulier, pour faire reprendre haleine au lecteur.

lunes, 24 de abril de 2023

V. Oratio coram Sanctissimo Domino nostro Papa, Joanem, Maioricensem Episcopum

V. 

Oratio coram Sanctissimo Domino nostro Papa, facta per reverendissimum in Christo patrem Dominum Joanem, Maioricensem Episcopum, et serenissimi Domini Regis confessorem, circa medium saec. XV. (Vid. pág. 77.)

Ex cod. ms. saec. XV. exeunte biblioth. Episcop. Maioricen.

Nemo quidem etiam doctissimus et eloquentissimus, Sanctissime Pater, et tremente Princeps ecclesie, de tuae divinae vocationis prerogativa, et summae potestatis excellentia posset vel pauca disserere. Sunt quidem res altissimae considerationis; quia mentis humanae aciem transcendunt, et exuperant omnem sensum. Ego vero, licet indoctus et rusticus eloquentia, iuxta mei ingenii parvitatem paucula disseram impolita, eo maxime quia prohibuit Dominus in templo suo plantari nemus. Vestram siquidem vocationem, Pater beatissime, non humanam sed divinam arbitror. Et perspicuum est quia in omnibus naturis ordinatis invenitur aliquid quod est secundum motum propiae naturae ut cum aqua tendit ad centrum; aliud vero quod ut secundum motum superioris naturae, ut cum movetur circa centrum secundum fluxum et refluxum. Sic profecto creatura rationalis in suis actionibus et electionibus duplex habet principium sui motus. Unum quidem interius, quod est ratio humana: aliud vero exterius, quod est instinctus divinus, seu motus Spiritus Sancti. Reverendissimi autem Domini Cardinales, et Sanctae Romanae Ecclesiae patres conscripti in tua sanctissima electione non quidem fuerunt moti a principio intrinseco rationis humanae; quoniam non per ampla consilia, non per varias deliberationes, non per humanae prudentiae, dissertum, sed subito a Spiritu Sancto per dona consilii et intellectus, sapientiae atque scienciae moti, te in Christi Vicarium et Summum Pontificem unanimiter et concorditer elegerunt. Quia iis, qui moventur a superiori principio, non expedit conciliari secundum rationem humanam; moventur enim a meliori principio, quam sit ratio humana, inquit Aristoteles in capitulo de bona fortuna. Ac, Pater beatissime, non ab hominibus, sed a Deo vocatus es, velut Aaron, ut sis sponsus Ecclesiae, quem super reliquos arctus eiusdem cernimus eminere, praestantissimeque omnium, tanquam supra elementa coelum, tanquam arcem inter reliqua urbis moenia. In hac arce tua regalem quandam dicimus praesidentiam eminere, cui omnia Corporis Christi mystici membra parere debent ut Principi, ancillari ut Deo. Bene clamat legislator Moyses: si quis noluerit obedire sacerdotis imperio, qui eo tempore ministrat Domino, moriatur homo ille. Quoniam tamquam peccatum ariolandi est nolle acquiescere; et sicut scelus idolatriae nolle obedire, inquit divina Scriptura, et iure damnationis sustinet sententiam si quis contempserit summi Pontificis obedientiam, tamquam si contempserit divinitatis potentiam, inquit Glosa super illo Christi verbo: qui vos audit, me audit; et qui vos spernit, me spernit. Animadverte igitur Pater beatissime, quoniam cum esses parvulus in oculis tuis, caput factus est in tribubus; non quidem ad influendum, quoniam haec ratio capitis solius Christi est; sed ad gubernandum et providendum. In hac autem tua divinissima providentia ostende te, non Dominum, sed patrem et matrem subditorum: patrem corripiendo, matrem fovendo; sed suspende verbera, produc ubera: pectus tuum lacte pinguescat, non typo turgescat; et si severitate opus sit paterna sit, non tyranica. 

Tuae vero summae potestatis excellentiam, pater beatissime, magis admirari, quam declarare licet; quoniam pravum et iniquum censeo non admirari te hominem admiratione dignissimum. Tu enim homo, non quidem animalis; quia animalis homo non sentit ea quae Dei sunt; sed homo utique spiritualis; non tam quia spiritu vivis, et spiritu ambulas; sed homo certe spiritualis ab illa plenissima et spiritualissima potestate dictus, qua omnia diiudicas, et ipse a nemine iudicaris. Unde spiritualis potestas terrenam potestatem habet instituere, ut sit, et iudicare, si bona non sit. Ipsa vero a Deo primum instituta a nemine iudicatur, inquit Hugo, secundo de sacramentis. Hanc potestatem, Pater beatissime, non ab hominibus, sed a Christo inmediate accepisti. Nam electio quam de Summo Pontifice Romana celebrat ecclesia, dispositio quaedam est, non formae introductio: unde non ecclesia, sed Christus inmediate te hominem spiritualem formavit, et creavit ad imaginem et similitudinem suam: ad imaginem quidem quantum ad impressionem caracteris episcopalis: ad similitudinem vero, quantum ad plenitudinem potestatis, et jurisdictionis universalis. Hanc potestatem, Pater beatissime Cesar non habet, non Reges, non populi, nec totus denique clerus, nisi tantum dependentem aut subordinatam. Hanc potestatem si quis usupare praesumpserit, haereticus est, et a fide devius; quia omnis qui Romanae ecclesiae privilegium, ab ipso summo capite ecclesiarum traditum, auferre conatur hic proculdubio hereticus est: fidem quippe violat, quia adversus illam agit, quae mater est fidei, ut in Decretis habetur XXII. dist. Hanc potestatem, Pater beatissime, tu non potes subicere: quoniam in optime ordinatis idem esse summum et subditum manifestam implicat contradictionem. Facere autem aliquid implicans contradictionem, nedum humanae, sed divinae repugnat omnipotentiae. Imposibile enim iuris est; ut Summus Pontifex constituere possit alium equalem aut maiorem se: sicut Deus Trinitas non potest alium Deum facere aequalem sibi, aut maiorem se: verba sunt Alvari de Statu et planctu ecclesiae. Propter hanc potestatem, Pater beatissime, admirabile et stupendum est nomen tuum in universa terra. Hinc est quod cuncti qui Christum vere colunt, gloriam regni tui dicent, et potentiam tuam loquentur; ut notam faciant filiis hominum potentiam tuam, et gloriam magnificentiae regni tui. Regnum tuum regnum omnium saeculorum; quod de regno ecclesiae, et nullo altero intelligendum puto. Propter hanc potestatem, Pater beatissime, tu es sacerdos magnus, summus Pontifex, Princeps Apostolorum. Tu primatu Abel, gubernatu Noe, patriarchatu Abraham, ordine Melchisedech, dignitate Aaron, auctoritate Moyses, iudicatu Samuel, potestate Petrus, unctione Christus. Ecce quam praecelsis titulis, Pater beatissime, propter hanc potestatem tua Sanctitas decoratur. Propter illam te quasi Deum in terris colo: tibi obedio, atque adoro vestigia pedum tuorum orans Christum, cuius vicem geris in terris, ut eius sponsa, nostra mater Ecclesia; sub tua divinissima providentia digne et laudabiliter gubernetur; et tu, Pater beatissime ad multos annos valeas feliciter et in evum. Amen.

domingo, 19 de febrero de 2023

VII. Clementis Papa III. bulla, qua S. ecclesiam Tarraconensem sub Sedis Apostolicae protectione constituit ac confirmat, an. MCLXXXVIII. (1188)

VII. 

Clementis Papa III. bulla, qua S. ecclesiam Tarraconensem sub Sedis Apostolicae protectione constituit ac confirmat, an. MCLXXXVIII. (1188) (Vid. pág. 79.) 

Ex autogr. in arch. eiusd. ecclesia. 

Clemens Episcopus servus servorum Dei. Dilectis filiis Raymundo Preposito et canonicis sanctae Ecclesiae Tarraconen. tam praesentibus quam futuris regularem vitam professis in perpetuum. Quotiens a Nobis petitur quod religioni et honestati convenire dinoscitur, animo nos decet libenti concedere, et petentium desideriis congruum suffragium impertiri. 

Ea propter, dilecti in Domino filii, vestris justis postulationibus clementer annuimus, et praefatam ecclesiam Sanctae Teclae, in qua divino estis obsequio mancipati, sub Beati Petri et nostra protectione suscipimus, et praesentis scripti privilegio communimus. In primis siquidem statuentes, ut ordo canonicus qui secundum Deum et Beati Augustini regulam, per bonae memoriae Bernardum (a) quondam Tarraconen. Archiepiscopum in eadem ecclesia institutus esse dinoscitur, perpetuis ibidem temporibus inviolabiliter observetur. Praeterea quascunque possessiones, quaecumque bona praedicta ecclesia in praesenciarum juste et canonice possidet, aut in futurum concessione Pontificum, largitione Regum vel Principum, oblatione fidelium, seu aliis justis modis praestante Domino poterit adipisci, firma vobis vestrisque successoribus et illibata permaneant. In quibus haec propriis duximus exprimenda vocabulis: locum ipsum, in quo praefata ecclesia sita est, cum omnibus pertinentiis suis, medietatem omnium decimarum Tarraconae et Tarraconen. territorii, sicut ipsum territorium terminatur in carta quondam Barchinonen. Comitis, in qua illud ecclesiae vestrae donavit, ex dono, videlicet, memorati Archiepiscopi. Item ex ejusdem donatione medietatem totius dominicaturae suae tam de terris quam de vineis et plantis, ortis, molendinis et furnis, de omnibus etiam adquisitionibus, sive de terra sive de mari, et de omnibus justitiis, sive de omnibus oblationibus et defunctionibus, et aliis omnibus, quae ad Archiepiscopum pertinere videntur, sicut in ejusdem Archiepiscopi scripto autentico plenitus continetur (b). Libertates quoque et immunitates, rationabiles consuetudines ecclesiae vestrae concessas, necnon et institutiones a memorato Archiepiscopo regulares in eadem ecclesia provide factas et hactenus observatas, sicut in ejus scripto autentico continetur, ratas habemus, eosque futuris temporibus illibatas manere censemus. Cum autem generale interdictum terrae fuerit, liceat vobis clausis januis, exclusis excomunicatis et interdictis, non pulsatis campanis, suppressa voce divina officia celebrare. Decernimus ergo, ut nulli omnino hominum fas sit praefatam ecclesiam temere perturbare, aut ejus possessiones auferre, vel ablatas retinere, minuere, seu quibuslibet vexationibus fatigare, sed omnia integra conserventur eorum, pro quorum gubernatione ac sustentatione concessa sunt, usibus omnimodis profutura: salva sedis Apostolicae auctoritate, et Terragonen. Archiepiscopi canonicâ justitiâ. Si qua igitur in futurum ecclesiastica saecularisve persona hanc nostrae constitutionis paginam sciens contra eam temere venire temptaverit, secundo, tertiove commonita, nisi reatum suum congrua satisfactione correxerit, potestatis, honorisque sui dignitate careat, reamque se divino juditio existere de perpetrata iniquitate cognoscat, et a sacratissimo Corpore ac Sanguine Dei et Domini Redemptoris nostri Jesu Xpti, aliena fiat, atque in extremo examine districtae ultioni subjaceat. Cunctis autem eidem loco sua jura servantibus sit pax Domini nostri Jesu Xpti. quatinus et hic fructum bonae actionis percipiant, et apud districtum Judicem praemia aeternae pacis inveniant. Amen, amen, amen.

Ego Clemens catholicae Eclesiae Episcopus subscribo. = Loco sigilli + Domine doce me facere voluntatem tuam. = Ego Theobaldus Hostien. et Velletren. Episcopus subscribo. = + Ego Johannes presbyter Cardinalis tit. Sti. Marci subscribo. = + Ego Laborans presbyter Cardinalis Stae. Mariae transtiberim tit. Calixti subscribo. = + Ego Pandulfus (quizás Randulfus) presbyter Cardinalis basilicae XII. Apostolorum subscribo. = + Ego Melior presbyter Cardinalis Sanctorum Johannis et Pauli tit. Pamachii subscribo. = + Ego Petrus presbyter Cardinalis tit. Sanctae Ceciliae subscribo. = + Ego Radulfus tit. Sanctae Praxedis presbyter Cardinalis subscribo. = + Ego Petrus tit. Sti. Clementis presbyter Cardinalis subscribo. = + Ego Bobo tit. Stae. Anastasiae presbyter Cardinalis subscribo. = + Ego Alexius tit. Stae. Sussanae presbyter Cardinalis subscribo. = + Ego Petrus presbyter Cardinalis tit. Sti. Petri ad vincula subscribo. = +Ego Jordanus presbyter Cardinalis Stae. Pudentianae tit. Pastoris subscribo. = + Ego Jacobus diaconus Cardinalis Stae. Mariae in Cosmidyn subscribo. = + Ego Gratianus Sanctorum Cosmae et Damiani diaconus Cardinalis subscribo. = + Ego Octavianus Sanctorum Sergii et Bachi diaconus Cardinalis subscribo. = + Ego Soffredus Stae. Mariae in via lata diaconus Cardinalis subscribo. = + Ego Bovus Sti. Georgii diaconus Cardinalis subscribo. = + Ego G. G. Stae. Mariae in porticu diaconus Cardinalis subscribo. = + Ego Johannes Felix diaconus Cardinalis Sti. Eustachii juxta Templum Agrippae subscribo. = + Ego Johannes Sti. Theodori diaconus Cardinalis subscribo. = + Ego Bernardus Stae. Mariae Novae diaconus Cardinalis subscribo. = + Ego Gregorius Stae. Mariae in aquiro diaconus Cardinalis subscribo. = 

Datum Lateran. per manum Moysi Stae. Romanae Ecclesiae subdiaconi, vicem agentis cancellarii VII. idus junii, indictione sexta, Incarnationis Dominicae anno M.CLXXXVIII. pontificatus vero Domini Clementis Papae III. anno primo.

(a) Bernardum scilicet Tort, qui vitam regularem primus omnium in hanc Ecclesiam invexit anno 1154. Unde frustra S. Oldegarius eius rei auctor a nonnullis inducitur. 

(b) Vide supra ad annum 1154 et 1159.

martes, 9 de agosto de 2022

V. Index capitum, Liber Sententiarium, S. Gregorii papae Romae.

V. 

Index capitum, quae complectitur opus Sententiarum in cod. Rivipoll. n. 49. (V. pág. 41.) 

In nomine Domini incipit Liber Sententiarum S. Gregorii papae Romae. 

Kapitula Libri primi. 

I. Quod Deus inconmutabilis summus et aeternus existat. - 41. De Synagoga vel Israelitico populo sub lege constituto. 

Capitula Libri secundi. 

I. De incarnatione vel nativitate Dni Ihesu Christi. - 49. De tepiditate Monachorum. 

Capitula Libri tertii. 

I. De voluntate Dei ac permissu. - 54. De morte corporis. 

Capitula Libri quarti. 

I. De quadripertita qualitate locutionis. - 2. De divinis Iudiciis. - 3. De his qui in peccatis labuntur, quod post ruinam surgere queunt. - 4. De muneribus vel oblationibus Deo offerendis. - 5. De quinque sensibus corporis (de los cinco sentidos del cuerpo). - 6. De Satanae temptamentis, vel fallaciis doemonum. - 7. Quot sint genera somniorum. - 8. De nocturnis inlusionibus. - 9. De multimodis argumentationibus Satanae. - 10. De multimodis vitiis. - 11. De nonnullis vitiis qui se virtutes esse simulant. - 12. Quod ex virtutibus virtutes, et ex vitiis vitia oriantur. - 13. De cogitationibus noxiis et innoxiis. - 14. De superbia et vanagloria. - 15. De avaritia. - 16 De iracundia. - 17. Qualiter ira reprimi debeat. - 18. De invidia. - 19. De supprimenda invidia. - 20. De malitia. - 21. De discordia. - 22. De odio. - 23. De concupiscentia oculorum. - 24. De gulae concupiscentia. - 25. De pugna virtutum adversus vitia. - 26. De multiloquio. - 27. De perversa locutione. - 28. De laetis vel tristibus in hoc saeculo degentibus. - 29. De stultitia. - 30. De luxuria. - 31. De torpore animi. - 32. De pigritia. - 33. De murmurio. - 34. De mendatio. - 35. Quibus modis peccatum perpetretur. - 36. De manifestis occultisque peccatis. - 37. De hiis qui ad delicta post lacrimas revertuntur. - 38. De peccandi consuetudine. - 39. De levioribus peccatis. - 40. De gravioribus peccatis. - 41. De disperatione peccantium. 

Capitula Libri quinti. 

I. De dilectionibus mundi. - 2. De cultu vestimentorum. - 3. De his qui terrenis desideriis adstringuntur. - 4. De sapientibus huius saeculi. - 5. De his qui iudicio Dei obdurantur. - 6. De his qui pre timore mundi vel presentium rerum cupiditate spontaneos tribulationum labores adeunt. - 7. De reproborum prosperitate. - 8. De malorum concordia. - 9. De principibus mundi. - 10. De bonis principibus. - 11. De superbis divitibus. - 12. De iudicibus. - 13. De apetitu laudis humanae vel favoribus adolantium. - 14. De hipocritis vel callidis. - 15. De apostatis. - 16. De diabulo et eius membris. - 17. Quod differt inter peccatores et impios. - 18. Quid differt inter iniquitatem atque peccatum, scelera atque delicta. - 19. De id quod scribtum est: ego Dominus faciens bona, et creans mala. - 20. De inferno superiore atque inferiore. - 21. De igne purgatorio, quod post mortem peccata relaxari credantur. - 22. De ira vel indignatione Dei. - 23. De flagellis divinis electis ac reprobis inlatis. - 24. De variis percussionibus mundi. - 25. De iudayci populi circa finem mundi conversione. - 26. De Anti-Christi temporibus. - 27. De Anti-Christo vel eius membris. - 28. De secundo adventu Domini Ihesu Christi. - 29. De resurrectione mortuorum. - 30. De tremendo aeterni regis indicio. - 31. De poenitentia reproborum sine fructu. - 32. De damnatione diaboli vel doemonum. - 33. De aeternis suppliciis reproborum. - 34. De sempiternis remunerationibus electorum. 

viernes, 20 de mayo de 2022

II. Bula de Calixto III, Xátiva, canónigos, hábitos

II. 

Bula de Calixto III, que se conserva en el archivo de la colegial de S. Felipe (Xátiva), litt. A. núm. 25, en que concede a los canónigos de la misma iglesia el uso de hábitos canonicales que ya disfrutaban los de Valencia.

Calistus episcopus servus servorum Dei. Dilectis filiis decano, et canonicis ecclesiae Beatae Mariae de Xátiva, Valentinae dioec., salutem et appostolicam benedictionem. Sincere devotionis integritas, quam ad Nos et romanam ecclesiam genere comprobamini, non indigne meretur, ut vos singulari honoris privilegio attollamus. Hinc est quod Nos, qui sacrum baptismum in ista ecclesia suscepimus, et inde originem trahimus, volentes tam personas vestras, et successorum vestrorum decanorum, et canonicorum dictae ecclesiae pro tempore existentium, quàm ecclesiam ipsam singularis privilegio gratiae decorare, ut per hunc vobis exhibitum honorem ad divini cultus augmentum vos magis reddatis intentos, motu proprio, non ad vestram, aut alicujus vestrum, seu alterius pro vobis, Nobis super hoc oblatae petitionis instantiam, sed de nostra mera liberalitate, vobis et successoribus praedictis, ac vestrum et eorum cuilibet, ut in vestra praedicta, ac etiam valentina, et aliis quibuscumque ecclesiis, nec non processionibus et congregationibus publicis, tàm in dictis ecclesiis, quàm aliis locis civitatis et dioecesis Valentinae, et aliarum ecclesiarum, etiam Cathedralium, almutia de varis grisis sive dosis, nec non cappas deferre, et illas ad instar, et prout canonici ecclesiae nostrae praefatae Valentinae deferunt, et utuntur, uti et deferre: nec non immediatè post canonicos quarumcumque cathedralium, etiam metropolitanarum ecclesiarum, et ante quoscumque alios, in quibusvis processionibus, congregationibus, et actibus ire stare, sedere, et post ipsos primum locum obtinere liberè, et licitè possitis, et debeatis, ac possint, et debeant, auctoritate appostolica tenore praesentium concedimus pariter, et indulgemus. Mandantes universis et singulis, et praecipue canonicis, et capitulo dictae ecclesiae Valentinae, ut praemissa vobis observent, et observari faciant inconcussè. Non obstantibus quibusvis constitutionibus, ordinationibus, privilegiis, indulgentiis, et litteris appostolicis, nec non Valentinae, et B. Mariae praedictarum, ac quarumvis aliarum ecclesiarum statutis et consuetudinibus, etiam juramento, confirmatione appostolica, vel quacumque firmitate alia roboratis, caeterisque contrariis quibuscumque. Per hoc autem Valentinae, et aliarum ecclesiarum praedictarum privilegiis nullum volumus in aliis praejudicium generari. Nulli ergo omnino hominum liceat &c. Datis Romae apud Sanctum Petrum, anno Incarnationis Dominicae millesimo quadrigentesimo quinquagesimo septimo, duodecimo kal. Martii, Pontificatus nostri anno tertio. 

III. Raymundo Despont

lunes, 10 de junio de 2019

Tomo I, texto XXXIX, cardenal de Hispania


XXXIX.

Legajo de cartas reales autógrafas. 7 de noviembre de 1409.

Muy alto et poderoso et victoriosissimo senyor rey de Aragon et de Sicilia etc. - Muy alto et poderoso et victoriosissimo senyor. Con homil et devida recomendacion fueme scripto de Barçilona como algunos se trabajavan que vuestra altesa revocase el salvoconducto que me havia otorgado et que la vuestra senyoria non lo quesiera facer lo qual vos tengo en señalada gracia et apartada merçed: et en verdat senyor esto en parte aun mas por la honra que non por al: et ruego a Dios que el me de logar en que vos lo yo pueda merescer con servicio. Otrosy muy engrandeçido senyor una carta de la vuestra senyoria escripta en Barçilona a XXIIII dias de setiembre resçeby en Pistorio segundo dia de noviembre con la qual ove muy grant placer por saber de la buena salud et estado de la vuestra majestad que Dios quiera siempre engrandeçeral vuestro deseo: en la qual entre las otras cosas en efecto se contenia que vuestra altesa avia avido gran placer de las nuevas que de aca vos avia scripto et avriades todavia que vos ende escreviesse: mas que non tomariades placer sy en ellas se continiese alguna cosa contra aquel que decides que tenedes por papa. Muy engrandecido senyor de aca yo no vos puedo escrevir nuevas que de gran valor sean sino tocant a los fechos de la Eglesia et del çisma et de saber desto todo buen christiano deve haver placer et mayorment vos que sodes tan religioso et catolico principe: ca senyor yo no vos escrevi al synon lo que aca paso en verdat es a saber commo esse omme que desides papa et el otro que se llamaba Gregorio fueron por todo el conçilio general et universal Eglesia declarados pronunciados et condempnados por publicos et notorios herejes et sçismaticos et criadores et facedores del scisma antiquado et desviados de la fe et a mayor cautela despuestosdel papadgo et la Eglesia vacar et que en concordia non contradeciente alguno fuera esleydo en papaet verdadero vicario de Jesuchristo el padre de muy grant reverencia don Pedro de Camdia de la orden de sant Francisco cardenal de Milan omme de muy grant sçiençiaet de santa vida que ni era de Francia ni de Spanya ni de Italia antes es de Greçia natural et enbiavavos el traslado de la scritura et el decreto de la esleçion: et sy destas cosas a vos senyor enoja asaber plega a vuestra senyoria notificarme de que vos escriva con que vos ayades goso ca yo lo fare muy de talante commo aquel que desea siempre facervos placer. Otrosy muy ensalçado senyor se contenia en dicha vuestra carta que el dicho que decides papa avia de entrar en Barçilona et facer muchos actos entre los quales avia de desponer et dar por scismaticos a los cardenales que avian estado inobedientes a el et que esto me notificavades por que no me maravillase si despues de fecho el dicho acto non me escreviessedes como a cardenalEt muy exçellentissimo senyor vos bien sabedes que el que es hereje fuera es de la Eglesia et menor es que qualquier catholico et non puede ni privar ni desponer ni descomulgar ca non ha poder alguno antes el es privado despuesto et descomulgado: et por ende vuestra senyoria escreviracomo a ella placera pero tengo yo que siempre escrevira segund aquella honestidad que atanye et pertenesce a la su grand sabidoria et dignidat ca quanto yo siempre escrevire a la vuestra altesa con grant reverencia et homildança como cumple a tan grant rey principe et magnifico senyor non enbargantes las sentencias et excomuniones et privaciones de dignidades spirituales et querelas puestas por los derechos contra los creyentes fautores et defensores de los herejes: por quanto creo que toda via que sea enformada en la verdad la conoscera et seguira vuestra sublimidat et pura consciencia que el Spiritu santo siempre guye et endresçe a lo mejor et que siempre me escriva et mande fiablement como a cosa suya ca en complirlo me sera apretado placer. En Pistoya a VII de noviembre de CCCCVIIII. - El siempre et todavia vuestro cardenal de Hispania.

Tomo I, texto XXXIX, cardenal de Hispania


XXXIX.

Legajo de cartas reales autógrafas. 7 de noviembre de 1409.

Muy alto et poderoso et victoriosissimo senyor rey de Aragon et de Sicilia etc. - Muy alto et poderoso et victoriosissimo senyor. Con homil et devida recomendacion fueme scripto de Barçilona como algunos se trabajavan que vuestra altesa revocase el salvoconducto que me havia otorgado et que la vuestra senyoria non lo quesiera facer lo qual vos tengo en señalada gracia et apartada merçed: et en verdat senyor esto en parte aun mas por la honra que non por al: et ruego a Dios que el me de logar en que vos lo yo pueda merescer con servicio. Otrosy muy engrandeçido senyor una carta de la vuestra senyoria escripta en Barçilona a XXIIII dias de setiembre resçeby en Pistorio segundo dia de noviembre con la qual ove muy grant placer por saber de la buena salud et estado de la vuestra majestad que Dios quiera siempre engrandeçeral vuestro deseo: en la qual entre las otras cosas en efecto se contenia que vuestra altesa avia avido gran placer de las nuevas que de aca vos avia scripto et avriades todavia que vos ende escreviesse: mas que non tomariades placer sy en ellas se continiese alguna cosa contra aquel que decides que tenedes por papa. Muy engrandecido senyor de aca yo no vos puedo escrevir nuevas que de gran valor sean sino tocant a los fechos de la Eglesia et del çisma et de saber desto todo buen christiano deve haver placer et mayorment vos que sodes tan religioso et catolico principe: ca senyor yo no vos escrevi al synon lo que aca paso en verdat es a saber commo esse omme que desides papa et el otro que se llamaba Gregorio fueron por todo el conçilio general et universal Eglesia declarados pronunciados et condempnados por publicos et notorios herejes et sçismaticos et criadores et facedores del scisma antiquado et desviados de la fe et a mayor cautela despuestosdel papadgo et la Eglesia vacar et que en concordia non contradeciente alguno fuera esleydo en papaet verdadero vicario de Jesuchristo el padre de muy grant reverencia don Pedro de Camdia de la orden de sant Francisco cardenal de Milan omme de muy grant sçiençiaet de santa vida que ni era de Francia ni de Spanya ni de Italia antes es de Greçia natural et enbiavavos el traslado de la scritura et el decreto de la esleçion: et sy destas cosas a vos senyor enoja asaber plega a vuestra senyoria notificarme de que vos escriva con que vos ayades goso ca yo lo fare muy de talante commo aquel que desea siempre facervos placer. Otrosy muy ensalçado senyor se contenia en dicha vuestra carta que el dicho que decides papa avia de entrar en Barçilona et facer muchos actos entre los quales avia de desponer et dar por scismaticos a los cardenales que avian estado inobedientes a el et que esto me notificavades por que no me maravillase si despues de fecho el dicho acto non me escreviessedes como a cardenalEt muy exçellentissimo senyor vos bien sabedes que el que es hereje fuera es de la Eglesia et menor es que qualquier catholico et non puede ni privar ni desponer ni descomulgar ca non ha poder alguno antes el es privado despuesto et descomulgado: et por ende vuestra senyoria escreviracomo a ella placera pero tengo yo que siempre escrevira segund aquella honestidad que atanye et pertenesce a la su grand sabidoria et dignidat ca quanto yo siempre escrevire a la vuestra altesa con grant reverencia et homildança como cumple a tan grant rey principe et magnifico senyor non enbargantes las sentencias et excomuniones et privaciones de dignidades spirituales et querelas puestas por los derechos contra los creyentes fautores et defensores de los herejes: por quanto creo que toda via que sea enformada en la verdad la conoscera et seguira vuestra sublimidat et pura consciencia que el Spiritu santo siempre guye et endresçe a lo mejor et que siempre me escriva et mande fiablement como a cosa suya ca en complirlo me sera apretado placer. En Pistoya a VII de noviembre de CCCCVIIII. - El siempre et todavia vuestro cardenal de Hispania.

Tomo I, texto XXXVI, lo Rey, cardinali Ispanie


XXXVI.
Reg. 2252, fol. 113. 24 de setiembre de 1409.

Lo Rey. - Reverent padre en Christo e muy caro amigo. Nuevament havemos recebido vuestra letra contenient muytas nuevas deixas partes la qual cosa agradescemos muyto a la vuestra paternidat e havremos toda vegada muy gran plazer que nos en querrades escribir. Al feyto del vuestro missatgero de que nos havedes escripto que vos merevellades muyto como lotro dia fue preso en Gerona vos respondemos que la vuestra paternidat no sen deve merevellar como ell dius color de traher a nos vuestras letras ne trahia muytas otras no solament en nuestros regnos et terras mas en Castiella e en otras partes en las quales sembrava zizania dissencion e gran scisma e malas informaciones enamigas de toda verdat contra ell senyor sanct padre Benedicto XIII° el qual havemos por verdadero papa et vicario de Jhesuchristo e no dariamos paciencia por cosa del mundo que en nuestros regnos e tierras fuesse maltractado: porque reverent padre en Christo e muy caro amigo quando vos nos querredes escrivir dalguna cosa nos recebiremos vuestras letras con grand plazer segund que desuso es dito e aquell qui trahera vuestras letras sera por nos segurament recebido: mas gardese bien que no traha con si alguna cosa que sea contra el dito padre sancto ne letras semblantes a las dessuso ditas porque no hi tomariamos plazer. El dito padre sancto entrara dentro la ciudat de Barchinona en breves dias e deve fazer muytos actos entre los quales sera uno es a saber que deposara e dara por scismaticos vos e todos los otros cardinales que son estados a ell inobedientes. Certificamosvos ende porque no vos merevelledes si apres quel dito acto sera feyto no vos escrivimos como a cardinal quar nos qui aquell tenemos por verdedero vicario de Jhesuchristo havemos et somos tenidos seguir e especialment en lespiritual los decretos e ordinaciones suyas. E sea la sancta Trinidat vuestra continua proteccion. Dada en Barchinona dius nuestro siello secreto a XXIV días de setembre del anyo de la nativitat de nuestro Senyor MCCCCIX. - REX MARTINUS. - Dominus rex mandavit michi - Bernardo Medici. - Dirigitur cardinali Ispanie.

Tomo I, texto XXXVI, lo Rey, cardinali Ispanie


XXXVI.
Reg. 2252, fol. 113. 24 de setiembre de 1409.

Lo Rey. - Reverent padre en Christo e muy caro amigo. Nuevament havemos recebido vuestra letra contenient muytas nuevas deixas partes la qual cosa agradescemos muyto a la vuestra paternidat e havremos toda vegada muy gran plazer que nos en querrades escribir. Al feyto del vuestro missatgero de que nos havedes escripto que vos merevellades muyto como lotro dia fue preso en Gerona vos respondemos que la vuestra paternidat no sen deve merevellar como ell dius color de traher a nos vuestras letras ne trahia muytas otras no solament en nuestros regnos et terras mas en Castiella e en otras partes en las quales sembrava zizania dissencion e gran scisma e malas informaciones enamigas de toda verdat contra ell senyor sanct padre Benedicto XIII° el qual havemos por verdadero papa et vicario de Jhesuchristo e no dariamos paciencia por cosa del mundo que en nuestros regnos e tierras fuesse maltractado: porque reverent padre en Christo e muy caro amigo quando vos nos querredes escrivir dalguna cosa nos recebiremos vuestras letras con grand plazer segund que desuso es dito e aquell qui trahera vuestras letras sera por nos segurament recebido: mas gardese bien que no traha con si alguna cosa que sea contra el dito padre sancto ne letras semblantes a las dessuso ditas porque no hi tomariamos plazer. El dito padre sancto entrara dentro la ciudat de Barchinona en breves dias e deve fazer muytos actos entre los quales sera uno es a saber que deposara e dara por scismaticos vos e todos los otros cardinales que son estados a ell inobedientes. Certificamosvos ende porque no vos merevelledes si apres quel dito acto sera feyto no vos escrivimos como a cardinal quar nos qui aquell tenemos por verdedero vicario de Jhesuchristo havemos et somos tenidos seguir e especialment en lespiritual los decretos e ordinaciones suyas. E sea la sancta Trinidat vuestra continua proteccion. Dada en Barchinona dius nuestro siello secreto a XXIV días de setembre del anyo de la nativitat de nuestro Senyor MCCCCIX. - REX MARTINUS. - Dominus rex mandavit michi - Bernardo Medici. - Dirigitur cardinali Ispanie.